DOUBLE EXCEPTIONNALITÉ (2E) : QUAND HAUT POTENTIEL ET TROUBLE SE CROISENT
Haut potentiel intellectuel et TSA, TDAH ou troubles « dys » : comprendre les profils doublement exceptionnels.
On parle de double exceptionnalité (ou profil « 2E », de l’anglais twice exceptional) lorsqu’une personne présente à la fois un haut potentiel intellectuel et un trouble du neurodéveloppement ou des apprentissages : trouble du spectre de l’autisme (TSA), trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), dyslexie, dyspraxie, dysphasie, dyscalculie ou dysgraphie.
Ces profils sont souvent repérés tard. Le haut potentiel peut compenser le trouble et le rendre moins visible, tandis que le trouble peut freiner l’expression du potentiel et le masquer. L’enfant paraît alors « dans la moyenne », ou ses difficultés sont attribuées à un manque d’effort, alors que les deux particularités se combinent.
Des signes qui doivent interroger
- un écart marqué entre une compréhension orale très fine et des difficultés à l’écrit ou en calcul
- une grande fatigue scolaire, voire un épuisement, malgré des capacités évidentes
- des résultats très irréguliers selon les matières ou les formats d’évaluation
- une forte sensibilité, de l’anxiété ou un sentiment de décalage avec les autres
- des stratégies de contournement qui finissent par ne plus suffire en grandissant
Aucun de ces signes ne suffit à lui seul : seul un bilan réalisé par des professionnels permet de poser des hypothèses solides.
Le rôle du bilan psychométrique
Le bilan intellectuel, le plus souvent le WISC-V chez l’enfant, met souvent en évidence un profil hétérogène chez les personnes 2E : des indices très élevés côtoient des indices plus faibles, par exemple en mémoire de travail ou en vitesse de traitement. Dans ce cas, le QI total résume mal le fonctionnement réel et c’est l’analyse détaillée des indices qui compte. Pour aller plus loin : comprendre les indices du WISC-V, comment se passe un test HPI et l’effet plafond dans les tests de QI.
Selon les situations, le bilan psychométrique est complété par d’autres évaluations (orthophonique, psychomotrice, neuropsychologique ou médicale) afin de préciser le trouble associé.
Haut potentiel et autisme (TSA)
Un autisme sans déficience intellectuelle peut coexister avec un haut potentiel. Pour comprendre les points communs et les différences : le syndrome d’Asperger, le QI des personnes Asperger et la différence entre autisme et Asperger. Tout notre dossier : autisme et haut potentiel.
Haut potentiel et TDAH
Inattention, agitation ou impulsivité peuvent être confondues avec l’ennui d’un enfant surdoué, et inversement. Voir le TDAH : repérage et accompagnement, les trois sous-types du TDAH et faire du TDAH un atout. Tout notre dossier : TDAH et haut potentiel.
Haut potentiel et troubles « dys »
Un trouble des apprentissages peut rester longtemps compensé par les capacités de raisonnement. Les fiches de référence : dyslexie, dysphasie, dyspraxie, dyscalculie et dysgraphie. Tout notre dossier : les troubles dys.
Pour aller plus loin
- Doublement exceptionnels : focus sur les « surdoués, mais… »
- Comment reconnaître un enfant surdoué
- Tout savoir sur l’hypersensibilité
- Qu’est-ce qu’un EIP ?
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