Oubliez le test unique fait en ligne : mesurer l’intelligence est beaucoup complexe !

Eh oui le terme test de QI n’est pas approprié pour nommer les méthodologies sérieuses d’évaluation des capacités cognitives. Alors avant de faire un focus sur chaque (ou presque) famille de tests, voici quelques éléments importants à garder en tête avant de se lancer dans l’aventure !

En psychologie clinique, domaine auquel appartiennent la famille des tests de QI, on ne parle justement pas de test de QI, mais de tests psychotechniques. Les test psychotechniques se présentent comme une série de tests (oui sinon ce serait trop simple  ) qui vont évaluer plusieurs aspects de la personnalité et des capacités cognitives de l’individu évalué.
Parmi les aspects testés on retrouve généralement des tests de mémoire, des tests de culture générale, des tests de personnalité, des tests pour évaluer d’éventuels troubles de l’apprentissage ou de l’attention par exemple et des tests de logique comme les matrices de Raven ou les carrés logiques. Chaque test va se concentrer sur un aspect donné de l’intelligence afin de tenter de mesurer celle-ci dans son ensemble.
Je dis tenter d’évaluer, car il s’agit d’un domaine sommes toutes assez récent (on doit les premiers tests à Alfred Binet au début des années 1900) et en constante évolution ; car aucune solution véritablement mature n’est actuellement disponible. Il existe de nos jours plus d’une centaine de tests différents produisant autant d’échelles et de mesure des capacités cognitives et d’évaluation des personnalités…. L’utilisation de ceux-ci va varier selon les pays ou certains tests se sont imposés, mais aussi en fonction de l’objet du test (entretien de recrutement, évaluation de la douance, tests d’orientation scolaire…)

Des tests psychométriques, il y en a des centaines… Mais tous partagent certaines caractéristiques

Néanmoins tous ces tests partagent une base méthodologique commune : ils sont standardisés (ils seront passés systématiquement dans les mêmes conditions afin de restituer une vue la plus impartiale possible) et ils sont étalonnés (c’est-à-dire calibrés sur la base d’un échantillon d’individus grosso modo représentatif de la population ou de la sous-population à laquelle appartient le sujet testé. Par exemple une tranche d’âge d’une population occidentale). Cette base méthodologique commune est capitale pour pouvoir parler de test : ils permettent la comparaison des sujets testés entre eux et donc la création d’une échelle sur laquelle on peut positionner chacun. Ainsi parler de QI comme un chiffre absolu est un non-sens : il s’agit d’une échelle via laquelle on peut contextualiser le score de chacun en fonction d’un calibre. 130 de QI ne veut rien dire si le repère d’une intelligence moyenne n’est pas donné (en l’occurrence il s’agira de 100).
De même certains impératifs (déduits des bases méthodologiques) sont communs à l’ensemble des tests. Ils doivent être fidèles, c’est-à-dire qu’ils doivent produire à peu près le même résultat si on le passe plusieurs fois. Ils doivent être discriminants, c’est-à-dire suffisamment sensible pour produire une échelle de résultat assez large. Ils doivent être cohérents, c’est-à-dire s’intéresser uniquement à ce pourquoi ils ont été créés).
Pour la quantification de la Douance, et au moins pour la France, les tests de référence sont ceux inspirés de l’échelle de Wechsler (WAIS pour les adultes, WISC pour les enfants, WPPSI pour les très jeunes enfants). En effet ces types de tests ont deux grands avantages par rapports aux tests précédant : il considère l’intelligence comme un domaine multi-facette (il y a plusieurs formes d’intelligences qui se combinent dans une intelligence globale). De même ils s’émancipent des acquis scolaires en introduisant des exercices verbaux et non verbaux, et donc pas uniquement basés sur les acquis scolaires. Dans une petite 20aine de % des cas, une autre approche sera proposée qui est celle de Kaufman (test K-ABC).

Alors ces fameux tests de QI comment les passent on ? Chez un Psy !

Généralement chez un psychologue spécialisé. Oubliez les plateformes en ligne qui vous propose des tests gratuits – ou payants – cela ne correspond pas à grand-chose pour les évaluations globale de l’intelligence. Le seul cas – outre l’amusement- ou l’entrainement sur ces plateformes peut avoir du bon, est le cas d’un test de logique lors d’une candidature dans établissement scolaire imposant le passage de tests de logique type matrice de Raven. Et encore ne vous attendez pas à retrouver les intitulés exacts donc maniez ces plateformes avec précaution. Pourquoi passez ces tests de QI chez un psychologue ? Tout simplement parce que généralement le résultat n’est jamais remis tel quel (tiens vous avez 134 de QI..) et ensuite parce que le test n’est qu’une composante de l’examen clinique visant à dresser un bilan psychologique. Ce dernier est en fait une suite de tests (de QI et de personnalité) et d’entretiens pour aider le praticien à discerner quels tests faire passer. De même le psychologue devra s’assurer que les tests sont passés dans des bonnes conditions ; et particulièrement en validant l’adéquation du test au contexte linguistique et culturel du sujet testé

Bon; j’ai sué sur le test pendant une grosse heure : que va-t-il me dire ? Et bien c’est selon …

Les résultats de ces tests peuvent être donnés sous deux formes. Soit un score absolu (vous avez 110 de QI). Dans ce cas-là le praticien fait référence à la la courbe de gausse (courbe en cloche) sur laquelle se répartissent les différents niveaux de QI en fonction du % de population atteignant ces niveaux. Mais le praticien peut aussi décider de ne pas communiquer de score absolu en considérant que ceux-ci ne sont pas forcément compréhensible par tout le monde- et communiquera donc en « rang persentile » c’est-à-dire – pour résumer – en pourcentage de la population ayant obtenu un score inférieur (vos capacités cognitives sont supérieures à 97,725% de la population –ce qui signifie que vous avez un QI de 130 et que vous êtes donc surdoués).
Reste maintenant à savoir comment sont distribués les scores de QI sur la courbe de Gausse ? Et bien en terme statistiques, ils sont distribués sur la base d’un écart-type de 15. En termes plus français (non je n’ai jamais trop apprécié les stats…) : entre 85 et 115 (soit une déviation standard de +1 ou -1 écart type) le résultat est un score moyen. Entre 0 et -1 Déviation standard, soit entre 100 et 85 de QI, on est dans la moyenne faible. A l’inverse ; entre 0 et +1 Déviation Standard (entre 100 et 115), on se situe dans la moyenne forte. Au-delà de -1 ou +1 Déviation Standard (soit en deçà de 85 et au-delà de 115) l’écart par rapport à la moyenne est fort l’on parle alors de score faible (inférieur à 85) ou supérieur (supérieur à 115). On parle de débilité en dessous de 70 et de Haut Quotient intellectuel
Donc je passe un test psychométrique et je sais si je suis surdoué ? Bah non ….
Mais le QI n’est pas le seul moyen de détecter la douance, il reste un outil parmi de nombreux autres. En effet du fait de sa standardisation et de son calibrage, ainsi du reste que la limite imposée par son format ; il ne peut tester des éléments essentiels de l’intelligence tels que la créativité, les aptitudes sociales, le degré de sensibilité et d’empathie, la motivation et la persévérance… qui sont des caractéristiques fondamentales de la Douance.
C’est la raison pour laquelle la seule méthodologie valable pour quantifier une douance éventuelle est le passage chez un psy. A lui ensuite, avec son regard d’expert, de définir le menu du bilan psychologique en y incluant le cas échéant d’autres types de tests, tels que des tests de pensée créative (Ellis Paul Torrance – Torrance Tests of Creative Thinking)