10 Mythes et légendes sur les surdoués

Mis à jour le 08 Nov 2021

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Le plus grand mythe concernant les surdoués est qu’ils n’ont besoin d’aucune aide et que quand ils ne réussissent pas, c’est que c’est uniquement leur propre paresse qui les empêche de réussir. En effet, tout leur est plus facile ; ils devraient donc être assurés d’être les premiers de la classe, de passer tous les examens sans même s’en rendre compte, et bien sûr d’avoir trois, quatre, cinq ans d’avance lorsqu’ils intégreront Harvard, Yale ou Sciences Po pour les moins doués. Et au travail, leurs compétences et leur empathie devraient les propulser vers les plus hauts sommets des entreprises…
Bref leur avenir est nécessairement radieux !
Si seulement….
Car la réalité, c’est qu’ils ont souvent du mal à s’intégrer à la fois aux enseignants et aux autres élèves, aux collègues etc. L’intégration dans le monde normal est toujours un challenge pour eux. Leur mode de pensée abstrait et souvent complexe les rends le plus souvent inaptes aux méthodologies de travail – évidemment pensées pour 98% de la population « normo-pensants ».
Au-delà de cela, l’école ou la vie professionnelle peuvent être d’un ennui mortel : la répétition, nécessaire pour de nombreux travaux de révision, est pour eux un anathème. L’Entreprise – avec des collègues ou des managers parfois moins clairvoyant qu’eux est pour les adultes un anathème. L’amour – avec des partenaires moins exigeants – peut être pour eux un anathème… 

Bref, il arrive qu’au lieu de se retrouver dans des écoles ou des postes qui valorisent leurs talents exceptionnels, il se retrouvent à croupir dans des classes de rattrapage ou des carrières très en deçà de ce qu’ils pourraient faire.

Énumérons les  10 mythes qui collent à la peau des surdoués 

Mythe 1 : L’enfants surdoué est tellement intelligent qu’il n’a pas besoin de soutien

Les enfants surdoués sont des enfants très sensibles qui ont besoin de beaucoup de soutien de la part de leur famille et de leurs enseignants. Souvent, ils se trouvent en décalage avec leur groupe de camarades, ce qui peut les isoler. Parfois, leurs talents ne sont pas reconnus et ils sont considérés comme des perturbateurs plutôt que comme d’excellents élèves.

En fait, les enseignants jouent un rôle de soutien essentiel pour aider les petits surdoués à réaliser leur potentiel. S’ils sont laissés à eux-mêmes, ils peuvent se décourager, s’ennuyer et être frustrés. Le problème est que très peu d’enseignants ont reçu une formation sur la manière de gérer et de développer des programmes pour les enfants surdoués au sein de la classe, même si le ministère de l’éducation reconnaît que ces enfants ont besoin d’être enseignés d’une manière différente.

Les examens d’ailleurs représentent souvent une difficulté supplémentaire pour ces enfants. Leur écriture, par exemple, peut être difficile à lire et ils peuvent avoir développé de mauvaises pratiques/ méthodologies d’étude n’ayant pas été suffisamment suivis.

Mythe 2 : le surdoué est un paresseux

C’est simplement parce qu’ils « ne se donnent pas la peine » de s’appliquer qu’ils sont nuls à l’école, dans leurs études ou dans leur travail. Alors certes ils peuvent paraître moins impliqués. Mais imaginez que vous ne soyez jamais mis au défi – jamais challengés en quoique ce soit – à l’école ou dans votre travail. Et que donc tout vous semble ennuyeux et répétitif. On pourrait dire que c’est le cas pour beaucoup d’enfants ou d’adultes, qu’ils soient surdoué ou non, mais si l’on ajoute le facteur « douance », la frustration est démultipliée. Si vos talents ne sont pas reconnus et entretenus, il devient très difficile de faire des efforts.

Mythe 3 : Le surdoué est tellement différent qu’il est condamné à être malheureux

Il existe un mythe selon quoi les surdoués seraient trop intelligents pour être heureux et auraient toujours des problèmes. Une bêtise. Certes ils doivent faire face à des enjeux différents, certes les surdoués doivent constamment s’adapter au monde qui les entoure mais biensur ils peuvent être heureux. Il y en a d’ailleurs beaucoup -Dieu Merci. Mais le bonheur pour les surdoués, comme pour tous d’ailleurs, commence par une hygiène personnelle. Par exemple, vous pouvez retrouver ici toutes nos suggestions pour aider les ados précoces à être heureux ou découvrir les 10 écueils qui font si souvent sombrer les relations amoureuses des surdoués

Mythe 4 les surdoués sont à l’aise dans tous les savoirs faire, dans toutes les matières

Comme dans les séries télévisées ou les surdoués de 12 ans sauvent le monde en étant capable de calculer de tête la trajectoire d’un astéroïde tout citant Plutarque et montrant la maturité d’une personne de 40 ans… Non, le développement des surdoués est le plus souvent asynchrone ou dyssynchrone. C’est-à-dire que l’ensemble de leurs compétences évoluent à un rythme différent. Ainsi certains surdoués, enfants, peuvent avoir les compétences mathématiques d’un étudiant de 25 ans, mais la maturité affective d’un enfant de 10 ans. Être surdoué n’est donc pas être surdoué en tout. Voir même être doué en tout.

Mythe 5 : Et donc, les surdoués sont toujours les chouchous des profs

Les enfants surdoués sont toujours les premiers de la classe et sont les « chouchous des enseignants » ; leur don est très apprécié par leur école et est donc récompensé. Parfois, les enfants très intelligents sont considérés comme des enfants perturbateurs qui défient constamment l’enseignant. Sans une compréhension et une formation en matière d’éducation des enfants surdoués, les enseignants peuvent avoir du mal à reconnaître les talents de ces enfants et à développer des stratégies appropriées pour y faire face.

Ils n’ont pas besoin d’aide pour faire leurs devoirs ou étudier, car ils peuvent être laissés à eux-mêmes. Bien que les enfants surdoués aiment l’apprentissage par la découverte, ils ont également besoin d’être dirigés, sinon cela peut conduire à de mauvaises pratiques/ méthodologies de travail.

Mythe 6 : l’enfant ou l’ado précoce est tellement génial que les parents peuvent s’en vanter à tout va 

Toutes les familles d’enfants surdoués aiment se « vanter » de leurs enfants « géniaux ». En fait, beaucoup de parents préfèrent ne pas en parler, car malgré l’étiquette, l’enfant ne réussit pas forcément très bien à l’école, et n’est généralement pas du tout inscrit dans nos standards sociétaux de l’enfant parfait. Si les parents se vantent que leur(s) enfant(s) sont surdoués, alors vous pouvez partir du principe qu’ils sont certes très intelligents, mais pas surdoués.

Mythe 7 : Il n’y a pas de surdoués chez les pauvres.

Tous les enfants surdoués sont issus des classes moyennes ou supérieures – il s’agit donc d’une étiquette élitiste sans signification réelle et cette affirmation est tout simplement fausse .En fait, la biologie se moque bien de votre compte en banque.Donc vous pouvez être pauvre et surdoué. D’ailleurs il serait intéressant de faire passer des tests de QI aux clochards. On serait je pense très très très surpris de constater leur QI moyen.

Ainsi les enfants surdoués sont issus de tous les milieux socio-économiques et se retrouvent dans toutes sortes d’écoles et de régions. Cependant, les enfants surdoués issus de milieux plus pauvres peuvent avoir plus de difficultés à accéder aux tests, à avoir un moment dans leur vie cette main tendue qui va les aider à se faire détecter. C’est pourquoi il est absolument vital que le ministère de l’éducation reconnaisse non seulement que les enfants surdoués ont besoin d’un statut spécial, mais aussi qu’il finance correctement les programmes destinés aux enfants surdoués dans les écoles, afin que tous les enfants, quel que soit leur milieu, puissent accéder à un enseignement différencié adapté à leurs besoins.

Mythe 8 : En fait tous les enfants atypiques sont surdoués

Tous les enfants – dès lors qu’ils sont un peu atypiques – sont surdoués ; là encore, il s’agit d’une idée absurde. Si vous voulez vraiment savoir ce qu’est un surdoué, vous pouvez vous référer à cette définition. Et vous verrez qu’il s’agit principalement d’une spécificité dans le fonctionnement cognitif. Tous les enfants ne sont donc pas surdoués, même si je suis d’accord pour dire que tous les enfants sont spéciaux. Parfois, on nous parle d’enfant surdoué juste pour expliquer ou justifier que l’enfant ne réagisse pas comme on l’exige – ou comme l’exige la représentation sociale d’un enfant parfait. Mais ce n’est pas forcément le cas. Parfois l’enfant peut être atteint d’un TDA ou autres sans être surdoué. Parfois il est juste mal éduqué. Mais cela c’est un autre sujet.

Mythe 9: j’ai fait un quizz sur Internet et clairement je suis surdoué 

Hélas non, vous avez juste perdu votre temps… Car détecter la surdouance ne peut être sérieusement fait qu’à l’aide de vrais tests de QI. Pas des petits tests de logique ou autre. Un vrai test de QI se passe chez un Psy formé et agréé pour les faire passer. En France, si vous voulez un test reconnu par l’Education nationale, il vous faudra vous orienter vers le WISC pour les enfants ou le WAIS pour les adultes. Si vous voulez en savoir plus sur les tests de QI, vous pouvez retrouver un dossier entier sur le QI, l’intelligence et les tests psychométriques

Mythe 10: les enfants qui ont du mal à apprendre – même bien accompagnés – ne peuvent être surdoués

Les enfants ayant des difficultés d’apprentissage ne peuvent pas être surdoué. En fait, il y a en France une population croissante d’enfants présentant une double exceptionnalité, c’est-à-dire qu’ils présentent d’une part des caractéristiques de surdoués et d’autre part des difficultés d’apprentissage ou des handicaps légers à sévères. Pour plus d’information à ce sujet, vous pouvez vous référer à notre dossier : Doués et Dys – qui traite non seulement des troubles dys mais aussi des autres troubles développementaux dont les enfants surdoués sont plus susceptibles de développer.

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