Qu’est ce que le QI ? Est ce l’intelligence ?
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Le Quotient Intellectuel se définit comme un indice censé représenter la performance intellectuelle d’un individu. Il est généralement calculé sur la base de tests (nommés tests psychométriques)  dont le score obtenu sera évalué en comparaison avec les résultats généralement constatés sur une population de référence.

Il existe deux méthodologies de calcul du QI correspondant à deux approches très différentes de la notion d’intelligence.

Les tests de QI basés sur l’âge mental de l’individu :

Cette première approche a été introduite par Stern et popularisée notamment par Alfred Binet et sa Nouvelle Echelle Métrique de l’Intelligence (NEMI). Elle représente les premières tentatives de mesure de l’intelligence au début du XXème siècle.
Dans cette approche, le Quotient Intellectuel est obtenu en divisant l’âge mental défini par le test psychométrique par l’âge biologique du sujet et en le multipliant par 100.
L’âge biologique est bien entendu l’âge réel de l’individu.
Son âge mental est défini par son niveau de performance au test mis en rapport avec la tranche d’âge pour laquelle on observe généralement ce niveau de performance.
Ainsi un score de 100 indique donc une performance exactement égale à la performance moyenne constatée pour la tranche d’âge à laquelle l’individu testé appartient.
En d’autres termes, si un enfant de 10 ans obtient un score à un test de QI généralement atteint par les enfants de 12 ans ; il aura alors un QI de 120 (12/10*100=120)
La limite de cette méthode est d’ignorer qu’un différentiel d’âge mental et d’âge biologique peut se révéler beaucoup plus inquiétant à un âge qu’a un autre : une personne de 30 ans ayant deux ans de retard en âge mental n’est pas forcément stupide. Si l’on parle d’un enfant de 10 ans, la situation est beaucoup plus handicapante.

Aussi fallait il faire évoluer cette méthodologie, d’ou la seconde approche :

Test de QI par rang exprimés en écart-type

Dans cette approche la performance d’un individu ne sera comparée qu’aux performances moyennes des individus du même âge. Le QI est alors défini comme un différentiel de performance entre le score du sujet testé et la moyenne de ceux des individus du même âge. La différence sera exprimée en prenant comme unité l’écart-type de la distribution du groupe de référence. Le résultat pourra alors être produit sous la forme d’un point sur une courbe de Gausse (une courbe en cloche) et ou le résultat pourra se lire comme une performance « supérieure » ou « inférieure » à X% de la population. Par exemple un QI de plus de 130 sur l’échelle de Wechsler –dont l’écart type est à 15 – voudra en fait dire que la performance au test psychométrique a été supérieure de 3 écarts types à la moyenne ; soit à 98% de la population.
Bien entendu le test est calibré pour produire une telle distribution : il comportera un petit nombre de question très difficiles auxquelles peu de gens peuvent répondre et un petit nombre de questions très facile auxquelles seuls un petit nombre de gens ne peuvent pas répondre.
Enfin lorsque l’on parle d’écart-type, il est important de prêter une attention à l’intervalle de distribution des valeurs (à quel point le minimum et le maximum sont éloignés) car elle influe sur la « taille » de l’écart type. Par exemple un écart type d’un million dans la comparaison des chiffres d’affaires de multinationales paraitra très faible alors qu’un écart type de 30 kilos dans la comparaison du poids de deux populations sera énorme.
C’est pour cette raison qu’américain et français peuvent ne pas se comprendre lorsqu’ils parlent de QI. En effet les français privilégient massivement les tests définis par Wechsler la ou les américains pratiquent plutôt les tests de Cattell. Or la distribution propre aux tests de Cattell est beaucoup plus large que celle des tests de Wechsler. Les écarts types le sont donc aussi (24 pour Cattell et 15 pour Wechsler) et en conséquence, lorsque l’on compare les résultats entre les deux tests on retrouve logiquement des différences en termes de volume absolus de QI :

QI Wechsler QI Cattel Rang sur 99 individus
65 44 99
70 52 98
75 60 95
80 68 91
85 76 84
90 84 75
95 92 63
100 100 50
105 108 37
110 116 25
115 124 16
120 132 9
125 140 5
130 148 2
135 156 1
140 164 4/1000
145 172 1/1000

Cela ne veut pas dire que les Américains sont plus intelligents que les français mais juste que l’écart-type comme différence à la moyenne est plus faible chez Wechsler car l’amplitude de la distribution des QI est moins importante !
En conséquence le QI n’est pas une valeur absolue, c’est une valeur relative selon le type de test de QI pratiqués et la performance moyenne de la population de référence.

L’intelligence : une simple histoire de QI  ?

« Je nomme intelligence ce que mesurent mes tests » disait Alfred Binet quand on lui demandait ce qu’était l’intelligence. C’est une façon un peu sarcastique de répondre aux nombreuses critiques de ceux qui lui opposait qu’aucune définition scientifique de l’intelligence n’existait et qu’elle était peut-être plus large que ce qui était mesuré par le QI. C’est d’ailleurs assez amusant de constater que l’on a définit la méthode de mesure avant de débattre et définir ce que, justement, on voulait mesurer.
Dans les théories plus modernes on considère que les tests de QI ne mesurent qu’un des aspects de l’intelligence. En effet de plus en plus QI et intelligence sont considérés comme deux concepts distincts.
En effet le QI est une mesure de la performance intellectuelle – au sens de puissance et rapidité de traitement de l’information et de création de corrélation entre celles-ci.
L’intelligence, elle, est plus vaste : elle serait ce qui nous permet de nous adapter aux situations nouvelles (en clair non pas ce que l’on sait mais ce que l’on fait quand on ne sait pas pour citer Piaget). Pour d’autres elle serait la capacité à établir des relations et associations appropriées entre des ensembles d’informations.

Relativiser la notion de QI en la décorrélant de la notion d’intelligence est d’autant plus importante que le score moyen aux tests est fortement influencé par le contexte socioéconomique de l’individu testé (en clair les enfants de CSP+ surperforment) ce qui tendrait à faire croire que les pauvres sont plus bêtes que les riches…. Assez discutable quand même !

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Comprendre ce que signifie Quotient Intellectuel et découvrir les méthodes pour le déterminer. Comprendre aussi les limites de ce dernier et notamment son rapport ambiguë au concept d'intelligence.
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Enfant_Surdoue
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