Enfant Surdoué

Cattell : le Culture Fair Intelligence Test

Cattell : le Culture Fair Intelligence Test
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Un test pour définir les Aptitudes fluides et les aptitudes cristallisées

Créé par un psychologue Américain (Raymond B Cattell) , c’est la première fois que le terme « test » est associé à l’évaluation du QI.

Initialement élaboré pour évaluer l’intelligence de ses étudiants, il prend la forme d’une série d’épreuves évaluant les aptitudes autour de deux axes : les aptitudes fluides et les aptitudes cristallisées.

Les Aptitudes Fluides sont les capacités mobilisées dans les tâches de classifications et d’analogies (formulation et recherche de solution neuves, test des réactions dans des situations complètement inédites pour le sujet..)

Les Aptitudes Cristallisées sont les capacités « culturelles » : elles évaluent le jugement et le raisonnement en faisant appel à l’expérience du sujet testé (et donc son contexte social et culturel)

Alors que l’intelligence fluide  est biologique et représente le « capital de départ » de chaque individu, l’Intelligence cristallisée est le niveau réel du fonctionnement cognitif d’une personne, basé sur l’augmentation de l’Intelligence fluide par l’apprentissage socioculturel et expérientiel (y compris l’éducation formelle).

En d’autres termes on part dans la vie avec un capital d’intelligence fluide et on se constitue son capital d’intelligence cristallisé au fur et à mesure que l’on s’éduque / est éduqué

Contrairement aux tests individuels de capacités cognitives les plus couramment utilisés, tels que les éditions actuelles de l’échelle Wechsler pour l’intelligence des adultes et l’échelle d’intelligence de Stanford-Binet, qui rapportent les scores de capacité cognitive comme «écart de QI» de 15 points de déviation par rapport à un standard de 100, Cattell, lui, intègre dans le CFIT un écart type de 24 points de QI. En effet cela lui permet une plus grande variation des scores et par la même, une plus grande discrimination.

Cela signifie qu’environ 68,2 pour cent des sujets obtiendraient des scores de QI sur le CFIT qui se situent entre 76 et 124, là où la plupart des autres tests de QI situeraient les même sujet  entre 85 et 115.

Les trois versions du CFIT

CATTEL a créé trois versions du CFIT :

La série 1 pour les enfants de 4 à 8 ans et les adultes déficients mentaux

La série 2 pour les enfants de 8 à 13 ans et les adultes considérés comme de niveau moyen

La série 3 pour les grands adolescents et les adultes considérés comme de niveau supérieur

Quelle forme prend le  CFIT ?

Les tests aculturels (que l’on appelle aussi équitables)  se composent de trois échelles avec des exercices visuels et d’autres exercices non verbaux. Aucune question n’est posée de manière subjective : tous les exercices sont sous forme de QCM. L’échelle comprend huit sous-tests de labyrinthes, la reproduction de symboles, l’identification de dessins similaires et d’autres tâches non verbales. Les variations CFIT-II et CFIT-III se composent de cinq sous-tests qui comprennent

– test d’analogies : trouver la ressemblance à un modèle donné parmi 5 possibilités

–  Test de séries : l’individu doit compléter les séries dont les réponses sont présentées sous forme de QCM comprenant 6 options

– Un sous-test de classification où les répondants choisissent un dessin différent des autres dessins (repérer un intrus)

– Un sous test matriciel (basé sur les matrices de Raven) consistant à compléter une matrice de modèles conditionnés. Là encore les réponses possibles prennent la forme d’un QCM à six choix

– Un sous test sur les conditions  ou l’individu choisi parmi cinq options celle qui correspond aux conditions de localisation d’un point sur la base d’un modèle sur 5 cases dessinées et qui comportent d’autres formes géométriques (Exemple : sur quelle case peut-on dessiner un point alors que les 5 cases présentées comportent un carré, un triangle, un octogone, et un rectangle)

L’approche de Raymond Cattell : toujours d’actualité ?

Le CFIT est toujours utilisé – notamment dans un cadre professionnel – pour permettre aux recruteurs de mesurer l’anxiété, l’extraversion, la dureté / intransigeance, le contrôle de soi et enfin l’indépendance.

Néanmoins ces tests sont loin d’être une panacée : mesurer chaque composante d’une personnalité ne permet pas d’évaluer l’intégralité de cette personne : il en résulte une image imprécise et datée. En effet chaque individu évolue dans le temps et peut donc voir ses scores varier considérablement en fonction de son état du moment où de ses expériences accumulées au cours de la vie. Et je ne parle même pas d’une psychothérapie éventuelle.