Enfant Surdoué

Surdoué : un QI de 130+ mais surtout des circuits neuronaux différents induisant une/des capacités exceptionnelles

Surdoué : un QI de 130+ mais surtout des circuits neuronaux différents induisant une/des capacités exceptionnelles
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Le surdoué est l’objet de tous les mythes… Qui n’a pas vu une de ces séries télévisées ou des surdoués « hackent » en trois minutes chrono l’intranet de la CIA ; retrouvent l’assassin, pourtant si discret,  en contemplant  une petite cuillère rouillée ; ou sauvent l’Humanité en construisant sans ressources, des moteurs ioniques pour aller coloniser les satellites de Trappist-1  …

Mais force est de constater que cette image d’Epinal n’est que l’expression d’un fantasme de puissance : aucune limite intellectuelle, personnalité hors du commun finalement appréciée,  reconnue et admirée de tous … D’ailleurs les séries télé n’ont pas le monopole de l’incompréhension : il y a tant d’émissions « spéciales » qui présentent des enfants surdoués presque comme on présentait jadis dans les foires des femmes à barbe ou des hommes élastiques …

Alors au-delà des rubriques « insolites » et des superproductions quelle réalité se cache derrière les surdoués et la « douance » de manière générale ?

Un petit article pour un grand sujet

Etre surdoué n’est pas un marqueur de succès : c’est avant tout un haut potentiel, voir un challenge !

Non tout cela est un mythe, la réalité derrière la douance est assez (radicalement) différente. Si bien évidemment un surdoué est un individu présentant des aptitudes hors normes, il faut envisager la surdouance comme un haut-potentiel, une capacité de réalisation ou des aptitudes supérieures d’apprentissage et donc surtout pas comme une assurance de succès…. Etre surdoué ne vous amène pas « automatiquement » à HEC ou l’ENA ; loin de là !

Loin de là, car être surdoué c’est avant tout posséder un fonctionnement cognitif différent dans des sociétés qui, sans même le vouloir, prônent une certaine forme de conformisme et fonctionnent grâce au « pour tous ». L’Ecole, quoi qu’elle en veuille, déploie des pédagogies « pour tous », l’espace publique, avec ses bruits, ses odeurs, ses manières de penser est « pour tous » etc etc. C’est assez logique, une société étant le reflet du plus grand nombre, mais contre-productif, car elle élimine sans s’en rendre compte toute hétérogénéité qui pourrait pourtant la rendre tellement plus riche (je ne parle pas gros sous).
Les surdoués vont donc devoir continuellement s’adapter à un environnement qui n’est pas conçu pour eux, qui n’est pas régi par le même type de « manière de penser » ni par les mêmes intensités émotives.
Ainsi ce seront ses expériences de vie qui lui permettront d’affirmer ses capacités et dépasser le fait que « ses ailes de géant l’empêche de marcher »
Je risque de te perdre cher visiteur, mais je ne peux m’empêcher de citer un poème que j’adore et qui résume si bien les problématiques d’un surdoué adulte ou enfant :

L’Albatros – Charles Baudelaire; Les Fleurs du Mal (1859)

« Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher. »

Une définition basique du Surdoué : un QI supérieur à 130

Le surdoué : un minimum de 130 de QI mesuré par un test professionnel

La définition la plus consensuelle du surdoué est un Quotient Intellectuel strictement supérieur à 130 (soit supérieur à 98,2% de la population) et mesuré par un type de test reconnu, tel que les tests de Wechsler qui font référence en France (WAIS-4 pour les adultes, WISC-4 pour les enfants précoces et les jeunes ados surdoués, WPPSI-4 pour les très jeunes enfants précoces).
Un quotient intellectuel ou QI est un score dérivé d’un ensemble de tests standardisés afin de mesurer les capacités cognitives (ou « l’intelligence ») de la personne par rapport à son groupe d’âge.
Un test de QI ne mesure pas l’intelligence de la façon dont un mètre mesure une hauteur (de manière absolue donc), mais plutôt de la façon dont on mesure la vitesse dans une course-relais (c’est-à-dire de manière relative : chaque étape de la course ayant sa vitesse propre).
En effet les tests psychométriques (c’est le vrai nom des tests de QI) modernes produisent des scores pour les différents domaines testés (exp : maîtrise de la langue, pensée en trois dimensions, etc.). Ensuite les différents scores sont synthétisés, via une moyenne pondérée définie par l’éditeur du test, et restitués via un score général qui est celui auquel on se réfère lorsque l’on parle de QI.
Ces tests sont calibrés sur une population donnée (par exemple une tranche d’âge) et produisent un score moyen de 100.

Une ou des Douance(s) ? HQI et THQI : les surdoués ne sont pas un groupe homogène

HQI : aptitudes supérieures à 98,2% de la population ; THQI supérieures à 99,8%

Les surdoués ne sont pas une population monolithique ! En fonction des scores obtenus aux tests de QI, l’on va retrouver deux principales catégories de surdoués ; les HQI (Haut Quotient Intellectuel) et les THQI (les Très Haut Quotient Intellectuel).
Ainsi de 130 à 145 de QI, on parlera de HQI et au-delà de 145 de QI, soit trois écart types au-dessus de la moyenne, de THQI. Ainsi si les surdoués de manière générale ont des aptitudes supérieures à 98,2% de la population ; les THQI, eux, ont un QI supérieur à 99,8% de la population soit 1,34 THQI pour mille individus. Pour faire parler les chiffres, si l’on considère que la France compte toujours 60 millions d’habitants ; on ne dénombrerait que 81 000 THQI sur l’ensemble de la population !

HQI et THQI sont-ils vraiment si différents ?

Si l’on considère que l’écart de QI entre un individu normal et un surdoué explique les différences de fonctionnement cognitif, il est logique d’accepter qu’un THQI est au moins aussi différent d’un HQI qu’un HQI l’est d’un individu normal.  Peut-être même plus du fait de la rareté des THQI.

En fait la littérature à ce sujet considère que le seuil principal de différence de fonctionnement cognitif se situe à 150 de QI. Un point d’écart en deçà ou au-delà de ce seuil serait plus significatif en terme de différence de fonctionnement qu’un point d’écart au sein de la même « tranche » de QI.

Au-delà du QI, être surdoué c’est posséder une aptitude hors normes liée à un fonctionnement cérébral différent

Le QI : un indicateur pratique de la Douance mais d’une simplicité réductrice

Une personne exceptionnelle, une personne surdouée ?

Le QI à cela de pratique qu’il permet de détecter scientifiquement une potentielle douance et d’apporter une réponse sans appel. Néanmoins, certains individus développent des aptitudes hors nome dans un domaine très particulier. Leur spécificité est telle qu’elle n’est pas envisagée par des tests nécessairement standardisés. Ainsi une nouvelle fois la douance est gênée par l’impératif social du « pour tous » ou tout du moins du « pour le plus grand nombre ». Personnellement je pense que c’est hélas un mal nécessaire : si l’on traite au cas par cas, la définition deviendrait si complexe qu’elle en deviendrait parfaitement inutile. Pourtant comment ne pas vouloir qualifier de surdoué une personne possédant un talent beaucoup plus développé que la moyenne ? Par exemple un peintre exceptionnel, un escrimeur hors du commun dont la précision et la perfection d’exécution balaie les adversaires…

La douance est un phénomène beaucoup plus complexe qu’il n’y parait, notamment parce que pour la plus grande part des surdoués, les développements de chacune des aptitudes ne se fait pas au même rythme, ils sont asynchrones.

Etre surdoué ce n’est pas être doué partout !

Les surdoués se développent souvent de manière asynchrone, c’est-à-dire que leur degré d’intelligence est inégal en fonction de l’aptitude mesurée. En d’autres termes  des fonctions cognitives et émotionnelles spécifiques sont souvent à différents stades de développement (par exemple un surdoué peut avoir la capacité de raisonnement logique d’un adulte mais la sensibilité émotionnelle d’un enfant). Cela peut produire des impressions de « bêtise » : si un surdoué excelle en mathématiques il peut s’avérer catastrophique dans une autre matière et donner une impression générale de « capacités limitées », surtout si ce dernier dans ses tentatives de se conformer à la norme, se bride volontairement.

Mais alors si l’on raisonne au-delà des tests de QI et de l’image d’Epinal, qu’est ce qu’un surdoué pour de vrai.

Etre surdoué c’est principalement posséder un fonctionnement cognitif différent !

Être surdoué c’est une structure cognitive différente et une meilleure mémoire de travail

Nous sommes d’accord, la douance est polymorphe et extrêmement complexe à détecter. Néanmoins, la plupart des individus développant une aptitude exceptionnelle possèdent une structure cognitive atypique. Dans le cas de notre escrimeur par exemple sont cerveau est capable de calculer et de transmettre au bras une série de paramètres et d’ordres beaucoup plus importante que l’escrimeur moyen. Par contre ce dernier pourra être complètement nul dans toute autre forme de conceptualisation et passer à travers les mailles de tous les tests.

Pour en revenir à la douance ; le fonctionnement cognitif des surdoués est différent des individus « normaux », et cette spécificité s’exprime particulièrement pour ce qui touche au traitement de l’information (Source : Grubar). Le surdoué se caractérise par un traitement est plus rapide de l’information en partie liée à une  « mémoire de travail » plus efficace : il s’agit de cette mémoire immédiate à court terme qu’on utilise pour mobiliser des connaissances dans la résolution de problèmes immédiats (la fameuse mémoire flash pour les plus geek d’entre vous). La quantité et la durée de mémorisation étant proportionnelles au QI du sujet puisque c’est une des composantes mesurée par les tests en question…

Le rapport des fréquences oculomotrices (mouvements des yeux) pendant le sommeil paradoxal, qui indique les capacités de l’individu à organiser les informations qu’il reçoit, est très élevé chez les individus surdoués. D’après Grubar donc les surdoués gardent un cerveau de nouveau-né (du point de vue de la plasticité cérébrale) et disposent de capacité propre aux adultes (d’un point de vue de la capacité de traitement)

Si l’on traverse l’Atlantique pour aller voir du côté de McGill (grande université canadienne) le cerveau des surdoués se distingue des autres par la rapidité avec laquelle sa partie « pensante » (le cortex préfrontal) s’épaissit et s’amincit durant la croissance. Ce cortex préfontal est fondamental pour la plupart des tâches d’intelligence abstraites. C’est ici que se développeraient le raisonnement abstrait, la planification et d’autres fonctions exécutives. Ce développement différent entrainerait une plus grande efficience des zones concernées.

Une plus grande flexibilité et efficience cognitive ; oui mais pourquoi ?

L’arme fatale du cerveau surdoué : traitement multi-spatial et « très haut débit » : la neuroscience est encore balbutiante certes, mais elle s’est déjà penchée sur le cas des surdoués à pu tirer quelques conclusions de ces études, comme par exemple celles du Professeur Revol.
Chez les surdoués, non seulement l’information circule plus vite mais en plus elle peut mobiliser plus de réseaux neuronaux pour être traitée !
Tout d’abord la densité et la communication neuronale. La cervelle de surdoué est plus lourde.. Non plus sérieusement ces premières études montrent que les cerveaux des surdoués possèdent une densité de connexions neuronales bien plus élevée et étendue que les sujets normaux. Ainsi le surdoué va, pour résoudre un problème, pouvoir mobiliser plusieurs aires cérébrales en parallèle là où le sujet normal n’activera qu’une aire spécifique. C’est ce que l’on appelle le traitement multi spatial.
De plus la vitesse de transmission de l’information entre les neurones est beaucoup plus élevée chez les individus surdoués que chez les individus normaux. En effet on estime qu’elle est tout simplement le double de ce qui est habituellement constaté.
En moyenne on estime qu’un point de QI représente une croissance de la vitesse de transmission des informations de 0.05 mètre par seconde. Ainsi la différence entre un individu à 130 de QI et un individu a 100 est quasiment du simple au double avec un gain de vitesse de 1.5 mètre seconde.
Le cerveau surdoué un radar saturé de signaux sans inhibition latente
L’inhibition latente permet au cerveau de prioriser les signaux qu’il reçoit afin de concentrer ses capacités de traitement sur les informations les plus importantes. Ainsi quand vous entrez dans une pièce pour saluer quelqu’un, normalement votre cerveau va faire abstraction du gout de l’interlocuteur qui transparait de la déco, de la tâche de vinaigrette et du petit morceau de carotte râpée sur la cravate etc etc. Il va se concentrer sur les informations importantes qui sont ce qui est dit par votre interlocuteur et sur le mouvement qu’il doit définir pour votre main afin de serrer celle de votre hôte. Mais si vous êtes surdoués, alors pas d’inhibition latente : votre cerveau va traiter l’ensemble des informations sans priorisations ! Il devra alors mobiliser un volume de connexion considérable pour traiter cette surcharge d’information, mais il aura « conscience » de mille chose que l’individu moyen n’aura même pas aperçu…

A fonctionnement neuronal différent, pensée différente ! « L’étrangeté »  de la pensée surdouée

La pensée en arborescence, caractéristique majeure des surdoués

Les connexions neuronales et la vitesse de transmission de l’information entre les neurones sont particulièrement importantes chez les individus surdoués. Cela entraine chez les hauts-potentiel une pensée en arborescence : un problème donné va se ramifier en de multiples sous problèmes qui seront traités simultanément et a très grande vitesse. Pour donner une image, cela semble très proche d’un feu d’artifice ou chaque fusée va produire une multitude de branches et sous branches  à très grandes vitesse. Pas très pratique pour donner une solution simple au problème évoqué… Car le surdoué aura beaucoup de difficultés à prioriser le traitement des différentes branches de son raisonnement et a l’expliquer de manière synthétique à son interlocuteur surtout si celui-ci raisonne différemment ou plutôt « normalement ».

En effet l’arborescence n’est pas le mode commun de penser : généralement un raisonnement est séquentiel : les étapes de résolution d’un problème se succèdent et sont traités les un après les autres jusqu’à la solution. Pour un individu normal, établir un plan ne représente pas trop de complexité dans la mesure où la structure en plan correspond étroitement au fonctionnement de son cerveau. Et ainsi l’individu normal peut reprendre en cœur la presque maxime de Boileau « ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément ». Le surdoué, lui, aura besoin d’un travail supplémentaire pour s’y conformer et s’exprimer de manière normalement structurée quand son cerveau l’est différemment.

Peut-être est-ce la signification de la fin du poème quand Boileau nous explique :

« Travaillez à loisir, quelque ordre qui vous presse,
Et ne vous piquez point d’une folle vitesse :
Un style si rapide, et qui court en rimant,
Marque moins trop d’esprit que peu de jugement.
J’aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arène,
Dans un pré plein de fleurs lentement se promène,
Qu’un torrent débordé qui, d’un cours orageux,
Roule, plein de gravier, sur un terrain fangeux.
Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage :
Polissez-le sans cesse et le repolissez ;
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. »
Il est certains esprits… , Nicolas Boileau (1636-1711)

Une vitesse de traitement qui « masque » les étapes de résolution d’un problème

La vitesse de traitement d’une infirmation entre les neurones d’un sujet surdoué est supérieure à ce que le conscient peut enregistrer. En conséquence le surdoué à souvent les plus grandes difficultés du monde à décrire les étapes de raisonnement qui lui ont permis d’obtenir une solution. En plus clair il est incapable d’expliquer comment il a fait pour résoudre un problème et expliquer les étapes de son raisonnement. C’est généralement pour cette raison que les hauts potentiels paraissent très « intuitifs ». Pourtant la vérité (ou à minima la solution) ne leur tombe pas toute cuite dans le bec sous l’effet d’un quelconque « vent divin ». Comme tout le monde ils ont dû réfléchir pour trouver une solution. Simplement leur réflexion a été si rapide qu’ils ne peuvent être conscient du « comment du pourquoi » ils énoncent cette solution à ce problème.

Ce dernier point est particulièrement problématique pour les enfants surdoués dans un cadre scolaire : ils se retrouvent confus et gênés devant le professeur quand ils doivent repasser les étapes d’un problème mathématique… Mais les adultes surdoués ne seront pas en reste lorsqu’en réunion ils exprimeront des avis que beaucoup auront du mal à comprendre.

Cinq sens en éveil : Signes et Maux des Hauts Potentiels

Le surdoué va vite en tout ; pour comprendre ses besoins, mieux vaut s’accrocher !

Le surdoué, ce grand hypersensible allergique à l’injustice

Le surdoué ressent plus :
L’hyper sensibilité se définie comme une faculté à réagir de manière plus intense que la moyenne à un stimuli positif (une joie) ou négatif (une peur ou une tristesse), entrainant une impression chez les tiers de réaction exagérée ou extrême (« tu sur-réagis ! »).
Cette hyper-sensibilité n’est pas uniquement sentimentale, elle concerne l’ensemble des sens de l’individu : un tissus peut irriter ou gratter, une odeur peut obséder, un son peut faire mal.
La faute au cerveau, bien sûr : la vitesse de transmission de l’information et l’absence de priorisation des informations doublée d’une capacité supérieure de traitement des stimuli font que le surdoué vit constamment avec un bruit de fond d’émotion et de sensation.
Le même pull grattera toutes les peaux, seulement chez le surdoué l’information « Ca gratouille ! » sera constamment traitée et restitué contrairement à l’individu normal qui, absorbé par l’ensemble de ses tâches ne s’en « rappellera » qu’une ou deux fois dans la journée lorsque le flux d’informations autour de lui sera moins important. Considérant cela, « la soutenabilité de la gratouille » est bien moindre chez le surdoué parce que la fréquence de répétition de l’information est infiniment plus élevée.
Au-delà même de la répétition des informations, le surdoué va ressentir la même émotion avec une plus grande force que le sujet normal. Cette intensité émotionnelle trouve elle aussi son origine dans le fonctionnement neuronal : tout d’abord leur capacité de traitement leur font prendre conscience de l’ensemble des facettes d’une situation heureuse ou malheureuse ensuite, le surdoué mobilise plus d’aires cérébrales que la moyenne, rendant l’ensemble des émotions plus forte.

Empathie et Injustice : le surdoué ne ressent pas que pour lui
Ses sens étant plus affutés et sa sensibilité plus aiguisée, le surdoué est fortement empathique : il ressent ce que ressente les autres presque mieux que la personne qui ressent effectivement.
Ainsi le surdoué est un véritable aimant à émotion des autres et sont donc capable de deviner les peines ou les besoins presque avant même que celui qui les éprouve les conçoives. En cela les surdoués peuvent être d’une formidable gentillesse, s’ils ne se sont pas blindés contre le monde extérieur d’une manière ou d’une autre. Cet altruisme qui nait de la communion des émotions est une bénédiction au moins tout autant qu’une malédiction. Tout dépend de comment l’individu surdoué a appris – ou non –  à le gérer. Une bénédiction car le surdoué peut s’épanouir pleinement dans le bien qu’il peut apporter autour de lui et dans la compréhension des forces sous-jacentes à chaque interactions sociale. Une malédiction si, mal gérée, cette empathie le laisse dans les griffes d’un pervers quelconque qui aura su faire levier de l’empathie éprouvée par le surdoué pour installer sa domination. Une malédiction aussi si le surdoué souffre de sa sensibilité en étant agressé par la douleur du monde et par les stimuli que celui-ci ne cesse d’envoyer.

Cette empathie et sa grande lucidité font que le surdoué est généralement très sensible à l’injustice qu’il ne tolère pas.

Volatil ?  Versatile ? Non : surdoué

Le surdoué aime explorer. Il profite de ses formidables capacités pour apprendre toujours plus. Pire même dans certaines situations ne pas savoir est une angoisse. Alors il peut s’intéresser à une très grande variété de sujet : Poésie, Astronautique, sociologie, physique quantique il n’a de limite que celle de sa sensibilité à un type de matière…. Mais il peut paraitre volatil. En effet la recherche et le traitement de l’information l’intéresse plus que tout : une fois qu’il a le sentiment d’avoir fait le tour d’une matière ou d’un job on le voit soudainement tourner casaque pour se ruer dans un champ nouveau. Empiriquement, on retrouve chez les surdoués (du moins ceux épanouis) des parcours professionnels très atypiques ! Un plombier qui était traducteur d’ambassade puis professeur de langues tout en ayant étudié la biologie des fourmis amérindiennes…. Changer de centre d’intérêt est vital pour lui, parce que cela lui permet d’occuper un esprit qui ne s’arrête jamais en se reposant d’une idée par le traitement d’une idée complètement différente.

Cela n’est évidemment pas sans conséquences notamment pour les plans de carrière ou la légitimité est bien souvent fonction de l’ancienneté et non de l’expertise (N’avez-vous jamais entendu cette phrase horripilante : « c’est un expert hyper compétent, il a 10 ans de métier ! »… Cela vaut tout aussi bien pour le privé que pour le public d’ailleurs). C’est peut être une raison pour laquelle on retrouve beaucoup de surdoué dans les nouvelles technologies : matière par définition nouvelles et donc peu structurées ; le surdoué s’y épanouis car il peut traiter autant de sujets différents qu’il y a peu de réelle expertise « spécialisée » dans son environnement…

Haut Potentiel Intellectuel : une créativité explosive

Le surdoué est donc un peu comparable au LHC : comme un flux continu de concepts qui s’enchevêtrent, se heurtent fusionnent et produisent un plasma de nouveaux concepts sous de nouvelles formes….

Possédant une plus grande capacité à remarquer et traiter les détails et ayant plus de facilité à conceptualiser, le surdoué est généralement un être très créatif. Au-delà de ces éléments que nous avons déjà largement abordés dans l’article, on peut ajouter que le e déficit d’inhibition latente peut être une piste d’explication tout à fait crédible. En effet le cerveau submergé par diverses informations hétéroclites envoyées par les cinq sens hypersensibles  va favoriser la création d’analogies et produire de nouvelles informations combinées qui s’exprimeront sous une forme spécifique à un sens : un son, une image, une métaphore…

D’ailleurs bien souvent quand l’on demande à un surdoué de parler d’une situation l’ayant impliqué émotionnellement, il fera appel aux couleurs pour traduire ses sensations. Telle situation lui évoquait le rouge ; telle autre le bleu.

Cette créativité s’exprime notamment par l’humour qu’on généralement les personnes surdouées. Toujours subtile, parfois métaphorique, l’humour des surdoués est une des armes sociales d’individus qui au final en compte un peu moins que l’individu moyen. Encore faut il que ces blagues soient comprises par les personnes alentours ; et c’est pourquoi bien souvent le surdoués explique directement ses traits d’humour, juste pour être sur et certain que ceux-ci ne soient pas accueillis comme d’habitude par un silence un peu gêné.

Des stratégies pour vivre surdoué dans un monde pas toujours très doué

La lucidité et l’exigence des surdoués

Les surdoués ont un sixième sens, lisais je dans un blog non spécialiste qui traitait du sujet… Oui et non : Ils ne sont pas des Mme Irma extralucides et omniscients donc on oublie le terme sixième sens au sens propre. Par contre étant capable de recontextualiser toutes les informations qu’ils reçoivent, remarquant les signes infimes que personne n’aperçoit et analysant tout cela d’une manière plus performante, ils sont plus à même de repérer les éléments sous-jacents à une situation ; d’en discerner le bien du mal. De manière générale ils sont donc extrêmement lucides.

L’envers du décor, c’est que les surdoués peuvent paraitre durs. Tout simplement parce qu’ils peuvent être soupçonné de voir le mal partout et refuseront de se taire ou de laisser courir une injustice, malgré les conséquences que cela pourrait avoir sur les personnes concernées et leur entourage. En effet les surdoués sont généralement humainement exigeants. Habitués à discerner les situations injustes ou  pas tout à fait saines, le surdoué aura tendance à exiger qu’une situation se règle et ce d’autant plus qu’il éprouve un besoin de se protéger d’un monde qui ne le comprend pas et qu’il ne comprend pas parfaitement non plus.

Les surdoués : infiltrés dans ce bas-monde ?

Le surdoué à conscience de sa différence même s’il ne sait pas exactement pourquoi il se sent différent ou  en décalage avec la société qui l’entoure. Ce sentiment est plus ou moins inconscient  tant qu’il n’a pas été détecté, la détection étant le moment durant lequel il comprendra sa différence. Ce sentiment de décalage l’amène presque systématiquement à déployer des efforts considérables pour s’adapter à son environnement et masquer sa différence pour se fondre dans la masse. L’Homme reste un animal grégaire, et personne ne veut être le rennes au nez rouge..

Ce reflexe du caméléon provient souvent d’un sentiment d’être « trop » pour le monde qui l’entoure : trop compliqué, trop émotif, trop  tout en fait. Mais le réflexe de masquer sa douance n’est pas sans impact pour le sujet surdoué : mal-être, sentiment de se perdre ou de passer à côté de sa vie, de sonner creux comme une colonne en stuc…

Cela peut l’amener a « perdre » certaines caractéristiques de sa douance, la créativité en premier lieu.

Le surdoué, ce grand dépressif ?

Je tiens à commencer ce paragraphe en précisant d’emblée que je n’ai trouvé aucune statistique qui me permette d’affirmer « scientifiquement » que les surdoués sont plus sujets à la dépression que le commun des mortels. Ce qui suit est donc a considérer « au conditionnel » ! Une chose est néanmoins certaine : les surdoués doivent relever des challenge assez particulier parce qu’ils sont en constante adaptation à la société qui les entoure. Ils seraient donc plus sujets à un type particulier de dépression qui est la dépression existentielle. Ce type de dépression intervient quand le sujet atteint est exposé à certains évènements fondamentaux de l’existence : la mort, l’isolement, l’absurdité … Or ce type de considération est généralement abordé au gré d’une réflexion plus profonde que la moyenne qui ,elle, tend à se concentrer sur les aspects les plus superficiels de la vie, ses joies et tristesses.

On l’a déjà vu : les surdoués sont de grands penseurs, et pour eux il n’est pas bien compliqué d’atteindre ces sphères plus hautes de réflexion.

De plus les surdoués étant capable d’imaginer les choses différemment de ce qu’elles sont ; ils développent une certaine forme d’idéalisme envers la société. Le décalage entre le constat de sa réalité l’idéal qu’ils sont capable de produire n’en est que plus flagrant. Et quand ils en parlent autour d’eux, ils se voient opposer au mieux une indifférence un peu surprise, au pire de l’hostilité. A cela ils peuvent opposer la colère, mais celle-ci est vaine car revient à diriger sa colère contre le « destin » et toute la fatalité que porte ce terme en lui.

Impuissants, isolés, seuls à porter le poids de l’imperfection et de la vanité du monde…  la dépression seraient donc plus proche, le surdoué étant moins insouciant..

Adulte surdoué non détecté : faut-il se ruer chez un psychologue pour un test ?

Une question dont la réponse dépend de votre contexte

C’est une question délicate car le fait de savoir peut considérablement déstructurer la vie de l’adulte qui se découvre (ce qui n’est pas très grave car cela ne concerne que lui) mais aussi la vie de toutes les personnes qui gravitent autour de lui… Alors il y a autant de réponse à cette question que de situation individuelle.

On pourrait dire que si tout va bien pour vous, que vous avez l’âme légère et le sourire aux lèvres alors pourquoi passer un test ? Si la question vous hante, que vous vous sentez à une place qui n’est pas la vôtre, que vous n’êtes jamais compris « et que ça commence à bien faire, mais alors vraiment ça me les brises menu menu menu », alors oui il vaudrait mieux vous faire tester afin d’engager un travail sur vous-même.

La douance est génétique : elle se transmet

Si vous avez des doutes sur vous-même pensez aussi à vos enfants : la douance est bien souvent héritée ! Pourquoi penser à ses enfants ? Tout simplement parce qu’il est important de détecter le surdoué dans l’enfance afin de l’aider à s’adapter d’une manière consciente et en respect de ses inestimables talents. En fait il est bien moins important de détecter les adultes surdoués que les enfants, car d’une certaine façon pour ces derniers le « mal n’est pas encore fait » : il est encore possible de les inscrire dans un cursus scolaire plus adapté à leur besoin afin qu’ils affirment tous ces inestimables talents qui n’attendent qu’un environnement adapté pour s’épanouir pleinement.

A propos de cet article
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Qu'est ce qu'un surdoué ? Comment définir la Douance
Description
Le surdoué est l’objet de tous les mythes… Qui n’a pas vu une de ces séries télévisées ou des surdoués « hackent » en trois minutes chrono l’intranet de la CIA ? Mais la douance est beaucoup plus complexe que cela ! Si initialement on peut considérer qu'elle se définit par un niveau de QI supérieur a 98,2% de la population, elle n'en reste pas moins un phénomène très subtile !
Auteur
Nom de l'Editeur
enfant-surdoue.fr
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