Les Surdoués : une structure cognitive différente engendre une pensée arborescente

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Les Surdoués : une structure cognitive différente engendre une pensée arborescente
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Définir le surdoué comme un individu possédant un QI supérieur à 130 n’est bien évidemment pas faux, mais revient à baser sa définition sur une conséquence et non une cause.
Aussi pour pouvoir mieux comprendre le phénomène de la Douance faut il s’attarder plus longuement sur l’originalité de la structure cérébrale des surdoués, en faisant notamment appel à des concepts de neuroscience encore très récents (et donc discutables à l’infini).
Néanmoins sans rentrer dans les batailles de chapelle, voici un état des lieux de la recherche sur les spécificités cognitives de nos petits et grands surdoués.

Un cerveau plus actif, plus rapide ingérant une quantité d’information supérieure

Un traitement de l’information multi spatial, plus rapide et sans inhibition latente

Définir les surdoués :
Une simple histoire de QI ? (Article 3/5)

Ce dossier est composé de 5 articles :

L’arme fatale du cerveau surdoué : traitement multi-spatial et « très haut débit »
La neuroscience est encore balbutiante certes, mais elle s’est déjà penchée sur le cas des surdoués à pu tirer quelques conclusions de ces études, comme par exemple celles du Professeur Revol.
Chez les surdoués, non seulement l’information circule plus vite mais en plus elle peut mobiliser plus de réseaux neuronaux pour être traitée !
Tout d’abord la densité et la communication neuronale. La cervelle de surdoué est plus lourde.. Non plus sérieusement ces premières études montrent que les cerveaux des surdoués possèdent une densité de connexions neuronales bien plus élevée et étendue que les sujets normaux. Ainsi le surdoué va, pour résoudre un problème, pouvoir mobiliser plusieurs aires cérébrales en parallèle là où le sujet normal n’activera qu’une aire spécifique. C’est ce que l’on appelle le traitement multi spatial.
De plus la vitesse de transmission de l’information entre les neurones est plus de deux fois plus élevée chez les individus surdoués que chez les individus normaux.

En effet, on estime qu’en moyenne un point de QI représente une croissance de la vitesse de transmission des informations de 0.05 mètre par seconde. Ainsi la différence entre un individu à 130 de QI et un individu a 100 est quasiment du simple au double avec un gain de vitesse de 1.5 mètre seconde.

Le cerveau surdoué un radar saturé de signaux sans inhibition latente
L’inhibition latente permet au cerveau de prioriser les signaux qu’il reçoit afin de concentrer ses capacités de traitement sur les informations les plus importantes. Ainsi quand vous entrez dans une pièce pour saluer quelqu’un, normalement votre cerveau va faire abstraction du gout de l’interlocuteur qui transparait de la déco, de la tâche de vinaigrette et du petit morceau de carotte râpée sur la cravate etc etc. Il va se concentrer sur les informations importantes qui sont ce qui est dit par votre interlocuteur et sur le mouvement qu’il doit définir pour votre main afin de serrer celle de votre hôte. Mais si vous êtes surdoués, alors pas d’inhibition latente : votre cerveau va traiter l’ensemble des informations sans priorisations ! Il devra alors mobiliser un volume de connexion considérable pour traiter cette surcharge d’information, mais il aura « conscience » de mille choses que l’individu moyen n’aura même pas aperçues…

Doublé d’une mémoire de travail beaucoup plus importante

Le  fonctionnement cognitif des surdoués est différent des individus « normaux », et cette spécificité s’exprime particulièrement pour ce qui touche au traitement de l’information (Source : Grubar). Le surdoué se caractérise par un traitement est plus rapide de l’information en partie liée à une  « mémoire de travail » plus efficace : il s’agit de cette mémoire immédiate à court terme qu’on utilise pour mobiliser des connaissances dans la résolution de problèmes immédiats (la fameuse RAM pour les plus geek d’entre vous). La quantité et la durée de mémorisation étant proportionnelles au QI du sujet puisque c’est une des composantes mesurée par les tests en question…  Or cette mémoire de travail est capitale pour toutes tâches d’organisation et de hiérarchisation des informations – qui représente l’étape nécessaire avant d’attaquer la réflexion en tant que tel (ce que cette information signifie au-delà de ce qu’elle est. Par exemple je vois de la neige et j’en déduis donc qu’il fait froid).

Le rapport des fréquences oculomotrices (mouvements des yeux) pendant le sommeil paradoxal, qui indique les capacités de l’individu à organiser les informations qu’il reçoit, est très élevé chez les individus surdoués. D’après Grubar donc les surdoués gardent un cerveau de nouveau-né (du point de vue de la plasticité cérébrale) et disposent de capacité propre aux adultes (d’un point de vue de la capacité de traitement)

Si l’on traverse l’Atlantique pour aller voir du côté de McGill (grande université canadienne) le cerveau des surdoués se distingue des autres par la rapidité avec laquelle sa partie « pensante » (le cortex préfrontal) s’épaissit et s’amincit durant la croissance. Ce cortex préfontal est fondamental pour la plupart des tâches d’intelligence abstraites. C’est ici que se développeraient le raisonnement abstrait, la planification et d’autres fonctions exécutives. Ce développement différent entrainerait une plus grande efficience des zones concernées.

La pensée en arborescence : caractéristique majeure des surdoués

Conséquence de cette sur-efficience cognitive, la  pensée en arborescence s’impose comme la marque de fabrique du surdoué : un problème donné va se ramifier en de multiples sous problèmes plus ou moins liés à la question initiale ; qui seront traités simultanément et a très grande vitesse. Pour donner une image, imaginons un feu d’artifice ou chaque fusée va produire une multitude de branches et sous branches : le surdoué est capable de traiter toutes les étapes de résolution d’un problème mais aussi définir quelles sont les problématiques connexes à ce problème et enchainer dans le même temps la résolution de ces dernières.

Pas très pratique pour donner une solution simple au problème évoqué… Car le surdoué aura beaucoup de difficultés à prioriser le traitement des différentes branches de son raisonnement et a l’expliquer de manière synthétique à son interlocuteur surtout si celui-ci raisonne différemment ou plutôt « normalement ».

En effet l’arborescence n’est pas le mode commun de penser : généralement un raisonnement est séquentiel : les étapes de résolution d’un problème se succèdent et sont traités les un après les autres jusqu’à la solution. Pour un individu normal, établir un plan ne représente pas trop de complexité dans la mesure où la structure en plan correspond étroitement au fonctionnement de son cerveau. Et ainsi l’individu normal peut reprendre en cœur la presque maxime de Boileau « ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément ». Le surdoué, lui, aura besoin d’un travail supplémentaire pour s’y conformer et s’exprimer de manière normalement structurée quand son cerveau l’est différemment.

Peut-être est-ce la signification de la fin du poème quand Boileau nous explique :

« Travaillez à loisir, quelque ordre qui vous presse,
Et ne vous piquez point d’une folle vitesse :
Un style si rapide, et qui court en rimant,
Marque moins trop d’esprit que peu de jugement.
J’aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arène,
Dans un pré plein de fleurs lentement se promène,
Qu’un torrent débordé qui, d’un cours orageux,
Roule, plein de gravier, sur un terrain fangeux.
Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage :
Polissez-le sans cesse et le repolissez ;
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. »
Il est certains esprits… Nicolas Boileau (1636-1711)

Une vitesse de traitement qui « masque » les étapes de résolution d’un problème

La vitesse de traitement d’une infirmation entre les neurones d’un sujet surdoué est supérieure à ce que le conscient peut enregistrer. En conséquence le surdoué à souvent les plus grandes difficultés du monde à décrire les étapes de raisonnement qui lui ont permis d’obtenir une solution. En plus clair il est incapable d’expliquer comment il a fait pour résoudre un problème et expliquer les étapes de son raisonnement. C’est généralement pour cette raison que les hauts potentiels paraissent très « intuitifs ». Pourtant la vérité (ou à minima la solution) ne leur tombe pas toute cuite dans le bec sous l’effet d’un quelconque « vent divin ». Comme tout le monde ils ont dû réfléchir pour trouver une solution. Simplement leur réflexion a été si rapide qu’ils ne peuvent être conscient du « comment du pourquoi » ils énoncent cette solution à ce problème.

Ce dernier point est particulièrement problématique pour les enfants surdoués dans un cadre scolaire : ils se retrouvent confus et gênés devant le professeur quand ils doivent repasser les étapes d’un problème mathématique… Mais les adultes surdoués ne seront pas en reste lorsqu’en réunion ils exprimeront des avis que beaucoup auront du mal à comprendre.

By | 2018-03-19T13:17:25+00:00 février 9th, 2018|Categories: definir_les_surdoues|0 Comments

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